Le palais al bahia: Monuments Marrakech

Le palais al bahia

C'est l'un des plus beaux et des plus riches palais que l'on puisse voir à Marrakech, aussi mérite-t-il le nom de « palais resplendissant ».

L'entrée se trouve à l'angle de la rue Riad ez Zitoun el Jdid.
Ba Ahmed, fils de Si Mussa, grand vizir de Sidi Muhammad ben Abd er-Rahman, vizir lui-même des sultans Moulay Abd el-Aziz et Abd er-Rahman, le fit construire vers la fin du XIXe siècle.

Le bâtiment, presque uniquement en rez-de-chaussé avec un seul appartement au premier étage, le menzeh, s'étend ainsi sur huit hectares et est entouré de splendides jardins parfumés par les nombreuses essences qu'il renferme. Le jardin qui s'étend à l'est est un grand trapèze de 400 mètre de côté dont les plantes sont irriguées avec l'eau d'un bassin carré de 80 mètres sur 80.

L'architecte El Haj Muhammad el Mekki, aidé, semble-t-il par un officier français, certain Erkmann, mit sept ans, de 1894 à 1900, pour le construire. Il s'agit d'une suite d'appartements et de salles richement décorés ne suivant pas un parcours logique et facilement reconnaissable. C'est à cause de son ambition que Ba Ahmed ne voulut pas faire construire d'autres étages, sauf cet unique appartement du premier, peut-être aussi à cause de sa propre taille et de ses jambes courtes ; toujours mécontent du résultat de son entreprise, Pour trouver d'autres espaces disponibles, il finit par acheter de nombreuses habitations entourant son palais, habitation qu'il fit détruire pour agrandir encore le palais al Bahia.

Nombre d'appartements qui composent l'ensemble, et qui témoignent du goût pour la culture andalouse de l'architecte qui les réalisa, s'ouvrent sur des jardins fleuris avec des jasmins, des orangers, des cyprès.
On peut admirer les pièces de la favorite ou le vaste salon du conseil, très riches de décorations et d'objets et continuer par la salle des honneurs, de forme rectangulaire de 20 mètres sur 8, embellie des marbres provenant de Meknès avec lesquels furent réalisés les pavements.

A ces merveilles s'ajoutent les plafonds en bois de cèdre marqueté. Mais surtout une cascade de faïences multicolores de Tétouan, la ville fondée en 1307 par le sultan marinide Abu Tabit, devenue un repaire de corsaires, dont l'âme andalouse émerge dans les couleurs et dans le dessin des carreaux.

Dans la grande cour intérieure, pleine de soleil, de forme rectangulaire de 50 mètres sur 30, entièrement recouverte de marbre et de céramique, se trouvent trois petites vasques avec jet d'eau, de forme circulaire, presque comme des coquilles. La cour est délimitée par une galerie soutenue par une fine colonnade peinte, recouverte d'un toit de mosaïque verte et brillante.

Dans le jardin de Riad, débordant de plantes de haut fût et de cyprès, vous trouverez un exemple de la conception mauresque des espaces verts. Tout est conservé de façon élégante, pratiquement pas touché par le temps.
Dans ses architectures se retrouvent mille exemples de la culture arabe avec les arcs tantôt en ogive, tantôt en fer à cheval, tantôt en carène et cette conception de la beauté architectonique qui plonge ses racines dans l'ornementation confiée aux revêtements autant qu'à la géométrie des lignes, à l'harmonie des couleurs autant qu'aux bibelots. Que Ba Ahmed serais mort le 17 mai 1900, pour être ensuite inhumé dans la nécropole des Alawites.